Le dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey nous apprend que le terme ‘forain’ est issu du bas latin ‘foranus’ : « qui dépasse à l’extérieur ». Toujours suivant ce dictionnaire, l’adjectif forain signifie encore aujourd’hui d’une part « qui est du dehors, qui n’est pas du lieu » et d’autre part « ambulant, itinérant ».
La fête foraine est étrangère au lieu où elle s’installe, elle y apparaît, puis disparaît. Elle a pour seul référent permanent l’air et le ciel, dans la mesure où son sol, son espace, son lieu ne sont jamais les mêmes.
Mon travail de tissage s’est attaché à ce qui me semblait pouvoir résumer, ramasser, l’apparition de ce lieu qui n’en est pas un : un carrousel et ses lumières en mouvement à la tombée du jour. Jouant avec l’eau et ses reflets pour évoquer l’éphémère et le mouvant – on ne se baigne jamais dans la même eau -, je réalise qu’en tissant des ‘flottés’, des fils non pris dans le tissage, je reviens à l’origine même de l’adjectif forain : « ce qui dépasse à l’extérieur »…
Eaux foraines
2022-2023
hauteur variable x 31 cm
fils de coton, laine, viscose, lin








Eaux foraines
2022-2023
3 x (16 x 26 cm) / 40 x 120 cm
sérigraphie sur tissu, broderie

